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La Naturopathie: historique, principes et philosophie…

       

          Avec l’apparition du rationalisme, la pensée matérialiste va être emmenée à prédominer dans la société occidentale. Les découvertes scientifiques en physique-chimie de Descartes, Newton et plus tard Lavoisier vont profondément et durablement bouleverser les principes de la médecine. Mais ces découvertes ont une origine philosophique, il s’agit avant tout d’un état d’esprit matérialiste.

           Selon René Guénon :

          « La philosophie, à partir de Bacon et de Descartes, ne pourrait que confirmer encore ces constatations. Nous rappellerons seulement que Descartes a limité l’intelligence à la raison, qu’il a assigné pour unique rôle à ce qu’il croyait pouvoir appeler métaphysique de servir de fondement à la physique, et que cette physique elle-même était essentiellement destinée, dans sa pensée, à préparer la constitution des sciences appliquées, mécanique, médecine et morale, dernier terme du savoir humain tel qu’il le concevait ; les tendances qu’il affirmait ainsi ne sont-elles pas déjà celles-là mêmes qui caractérisent à première vue tout le développement du monde moderne ? Nier ou ignorer toute connaissance pure et supra-rationnelle, c’était ouvrir la voie qui devait mener logiquement, d’une part, au positivisme et à l’agnosticisme, qui prennent leur parti des plus étroites limitations de l’intelligence et de son objet, et, d’autre part, à toutes les théories sentimentalistes et volontaristes, qui s’efforcent de chercher dans l’infra-rationnel ce que la raison ne peut leur donner.

          En effet, ceux qui, de nos jours, veulent réagir contre le rationalisme, n’en acceptent pas moins l’identification de l’intelligence tout entière avec la seule raison, et ils croient que celle-ci n’est qu’une faculté toute pratique, incapable de sortir du domaine de la matière ;

          Bergson a écrit textuellement ceci : « L’intelligence, envisagée dans ce qui en paraît être la démarche originelle, est la faculté de fabriquer des objets artificiels, en particulier des outils à faire des outils (sic), et d’en varier indéfiniment la fabrication ». Et encore : « L’intelligence, même quand elle n’opère plus sur la matière brute, suit les habitudes qu’elle a contractées dans cette opération : elle applique des formes qui sont celles mêmes de la matière inorganisée. Elle est faite pour ce genre de travail. Seul, ce genre de travail la satisfait pleinement. Et c’est ce qu’elle exprime en disant qu’ainsi seulement elle arrive à la distinction et à la clarté ».

          A ces derniers traits, on reconnaît sans peine que ce n’est point l’intelligence elle-même qui est en cause, mais tout simplement la conception cartésienne de l’intelligence, ce qui est bien différent ; et, à la superstition de la raison, la « philosophie nouvelle », comme disent ses adhérents, en substitue une autre, plus grossière encore par certains côtés, la superstition de la vie.

          Le rationalisme, impuissant à s’élever jusqu’à la vérité absolue, laissait du moins subsister la vérité relative ; l’intuitionnisme contemporain rabaisse cette vérité à n’être plus qu’une représentation de la réalité sensible, dans tout ce qu’elle a d’inconsistant et d’incessamment changeant ; enfin, le pragmatisme achève de faire évanouir la notion même de vérité en l’identifiant à celle d’utilité, ce qui revient à la supprimer purement et simplement. Si nous avons un peu schématisé les choses, nous ne les avons nullement défigurées, et, quelles qu’aient pu être les phases intermédiaires, les tendances fondamentales sont bien celles que nous venons de dire ; les pragmatistes, en allant jusqu’au bout, se montrent les plus authentiques représentants de la pensée occidentale moderne : qu’importe la vérité dans un monde dont les aspirations, étant uniquement matérielles et sentimentales, et non intellectuelles, trouvent toute satisfaction dans l’industrie et dans la morale, deux domaines où l’on se passe fort bien, en effet, de concevoir la vérité ?»

          René Guénon, Orient et Occident, chap.I : Civilisation et progrès.

          Du raisonnement cartésien, donc,  le monde occidental tirera bientôt ses fondamentaux en recherchant à tout démontrer par l’analyse scientifique, et, alors que Diderot (1713-1784) lui-même mettait déjà en garde les scientifiques : – « On risque autant à croire trop qu’à croire trop peu », ceux-ci se mirent à penser que tout ce qui est démontrable existe, tout ce qui n’est pas scientifiquement démontré est supposé ne pas exister.

          Cette approche cartésienne de l’humain va engendrer une scission entre le matériel (le corps) et l’esprit (le psychisme) et l’âme ne sera même plus mentionnée, car comme le dit si bien Renè Guénon «  le pragmatisme achève de faire évanouir la notion même de vérité en l’identifiant à celle d’utilité, ce qui revient à la supprimer purement et simplement ».

          Et Gare à vous, si vous mentionné une telle chose dans le milieu médicale moderne, car l’âme fait partie ce qui n’existe pas, puisque on ne la voit pas, c’est qu’elle n’est pas là, n’est-ce pas?

          En Occident, le mouvement naturopathe est né en Allemagne avec les travaux du Père Sébastien Kneipp (1821-1897). Alors qu’il poursuivait ses études de théologie, il fut atteint de tuberculose pulmonaire. Par chance, il tomba sur un petit livre d’hydrothérapie, écrit en 1734 par le Dr Hahn, et commença à prendre des bains dans les eaux glacées du Danube. Son système immunitaire ainsi stimulé, il réussit à vaincre sa maladie et à compléter ses études. Il développa sa « cure Kneipp » ou « cure d’eau » et un système global de soin basé sur 5 approches: l’hydrothérapie, l’utilisation des plantes, les exercices physiques, la nutrition (il recommandait déjà de limiter la viande!) et la spiritualité. Des milliers de personnes vinrent le trouver à Bad Wörishofen pour retrouver la santé par la voie naturelle.

          Aux USA, l’allemand John H. Scheel s’inspira des travaux de Kneipp et des hygiénistes allemands (Rausse, Hahn, Just, Felke…) et créa en 1895 le terme « Naturopathe », synthèse entre les mots « nature » et « path » en anglais qui signifie « chemin » ou « sentier ». Le chemin de la nature ou la voie du naturel: voilà en effet le « bon sens » de la santé!

           Comme l’explique le site canadien Ma SantéNaturelle « Des individus, ignorant tout de l’étymologie réelle du mot naturopathie, relient le suffixe ‘path’ au grec ‘pathos’ qui signifie souffrance ou maladie. C’est une erreur flagrante qui témoigne d’une méconnaissance totale de l’histoire de la naturopathie. Le mot ‘naturopathie’ signifierait alors la souffrance de la nature, ce qui n’a évidemment aucun sens.« 

          Aucun sens en effet, sauf que l’on pourrait aussi traduire par « soigner la souffrance grâce à la nature », ce qui ne serait alors pas loin de la vérité…

          Quoi qu’il en soit, le concept fût ensuite repris par l’immigrant allemand Benedict Lust (1872-1945) médecin, ostéopathe et chiropraticien qui, ayant lui même suivi une cure en Allemagne avec Kneipp, rachètera le nom à Scheel, le protègera et créera en 1902 à New York New York l’American School of Naturopathy puis the American Naturopathic Association. Il devint ainsi, pour les Américains, le « Père de la naturopathie ». En 1927, il existait déjà 12 écoles de naturopathie aux U.S.A !

            En France, Avec les travaux de Claude Bernard (1803-1878) on a commencé à comprendre la digestion.

           Au début du 20ème siècle, aux Etats Unis le Docteur John H. Tilden (1851-1940) dès les années 20, proposait une nouvelle médecine, sans l’usage de médicaments, à ses patients qui consistait à nettoyer le corps des poisons toxiques (la Toxémie) pour permettre à la nature de guérir.

          En  France, à la même époque, le Docteur Paul Carton (1875 – 1947) posera les bases du renouveau de la médecine naturelle. Cet ancien interne des Hôpitaux de Paris, se fit l’initiateur d’une médecine naturelle fondée sur les principes du « père de la médecine », le médecin-philosophe de la Grèce antique Hippocrate.

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          La méthode hippocratique cartonienne se différencie de la médecine conventionnelle (dite allopathique) dans la mesure où elle définit différemment les causes des maladies. Selon Paul Carton, les causes réelles de toutes les maladies proviennent d’un système immunitaire rendu déficient par une mauvaise hygiène (alimentation, cadre de vie, activités physiques, mentales, sociales, professionnelles…).

          Dans cette perspective, les invasions microbiennes (notamment tuberculeuses) ne sont alors qu’une conséquence opportuniste d’un affaiblissement anormal de l’organisme. Il résumait cette approche en une formule qu’il utilisa souvent :

          « Le microbe n’est rien, le terrain est tout ».

          À cet égard, Paul Carton reprochait à la médecine de son époque, marquée par les récentes découvertes de Pasteur, de songer à traiter uniquement les symptômes des maladies plutôt que leur origine.

          Paul Carton estimait aussi que la plupart des médicaments et des vaccinations prescrits en médecine classique n’ont qu’une action accessoire, bien souvent davantage néfaste que bénéfique pour l’organisme, notamment en raison de tous les effets secondaires qu’ils engendrent ; lesquels ne feraient qu’entraver des défenses immunitaires déjà éprouvées par la maladie elle-même, ce qui pourrait retarder la guérison, ou la rendre seulement apparente et temporaire.

          De la même façon, il reprochait à la médecine de son époque d’être mutilante, c’est-à-dire à dire de trop souvent prescrire l’ablation d’un organe plutôt que de chercher à en résoudre les dysfonctionnements. C’est pourquoi il recommandait d’éviter les interventions chirurgicales pour les réserver, en ultime recours, à des cas d’urgence, uniquement si le mode de vie nocif a occasionné des dommages irréversibles ou trop importants pour envisager une rémission autonome.

          Il encourageait chaque patient à s’efforcer de devenir son propre médecin en observant lui-même les effets de tout changement apporté dans son mode de vie.

            Au-delà d’une simple méthode de soins naturels, la méthode de Paul Carton revendique une approche globale de la personne, incluant ses dimensions psychique. Afin de pouvoir traiter efficacement, Paul Carton insistait sur la nécessité d’individualiser les soins, de les adapter, et de faire participer activement le patient à son traitement, d’autant plus que les prescriptions remettent souvent en cause la plupart des aspects du mode de vie.

          En 1935 Pierre Valentin Marchesseau (1911 – 1994) biologiste Fondateur de la Naturopathie contemporaine en France. Réalisant la synthèse des différentes disciplines de médecines naturelles, il réussit à poser les conditions du maintien de la santé et de l’équilibre fonctionnel et créé la naturopathie orthodoxe (comprendre : originelle) en France.

          La naturopathie est une  « Philosophie » parce que le naturopathe ne s’enferme pas dans un dogme et accepte la réflexion et le dialogue, notamment avec ses patients dont il attend une participation active.

          C’est une  « Science » parce que la naturopathie s’appuie sur de nombreuses techniques rigoureuses qui ont fait leurs preuves en termes de résultats. Certes, tous les phénomènes et modes d’actions n’ont pas encore été expliqués mais, comme le disait l’homme de sciences Henri Poincaré (1854-1912):

          « Nier parce qu’on n’explique pas, rien n’est moins scientifique ».

          Selon le site Passeport Santé, « la naturopathie est un système médical complet et cohérent qui mise avant tout sur la stimulation des mécanismes naturels d’autoguérison du corps. Les interventions du naturopathe visent en premier lieu à activer, nourrir et renforcer ces mécanismes plutôt qu’à éliminer des symptômes ou à attaquer directement des agents pathogènes. Elles se veulent aussi douces et non effractives que possible.»

           Enfin, selon l’Organisation Mondiale de la Santé « la naturopathie est un ensemble de méthodes de soins visant à renforcer les défenses de l’organisme par des moyens considérés comme naturels et biologiques. »

 

La Naturopathie et la synergie thérapeutique:

  • une philosophie : le vitalisme

  • une science : l’humorisme

  • une technique : l’hygiénisme

  • une méthodologie : le causalisme et l’holisme

Vitalisme.

          « Chacune des cellules de notre corps est animée par une énergie intelligente et formatrice, nommée « force vitale » (le pneuma de Platon, la natura medicatrix d’hippocrate). Les manifestations de cette force vitale auto-guérisseuse sont nombreuses : croissance, cicatrisation de coupures, recalcification osseuse après fractures, fièvre luttant contre l’infection, diarrhée salvatrice suite à l’absorption de toxines, homéostasie (régulation des paramètres biologiques qui préservent la vie, exemple : le pH sanguin ou la température corporelle) etc…La disparition de cette force vitale entraîne notre mort physique. » Source : B.A.- BA Naturopathie, de Christine & Alain Corvaisier.

           Selon les cultures, les époques, les langues, la force vitale a été nommée de façon différente : le « Prâna » en Inde, le « Qi ou Chi » en Chine, le « Ki» au Japon, « Ruach » chez les hébreux, « Ruh » dans l’Islam (il y a aussi le terme de nafs en Islam, mais celui là représente plutôt l’esprit que l’âme)…

          Pour prendre le cas de l’islam, qui est la plus jeune des trois religions monothéistes, qui en réalité n’en forment qu’une, (il suffit de lire les textes pour s’en convaincre) l’être humain n’est pas qu’un corps mais un être formé, par Dieu Lui-même, d’un corps, d’un esprit ou plutôt égo (nafs) et d’une âme (Ar-Rûh). Le corps, composé de matière, a besoin de choses matérielles (nourriture, boisson, etc.), tandis que l’âme est attirée vers Dieu. Et c’est en fait l’égo qui va tirer l’âme vers l’excès de matérialisme. Jusqu’ici, il n’y a, c’est vrai, pas grande différence entre ces dires de l’islam et ceux d’autres religions.

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          La particularité de l’islam réside dans le fait qu’il ne marque pas négativement ce qui a trait au corps, et n’enseigne pas que vivre sa corporalité serait une entrave à sa spiritualité. En islam, c’est les excès du « Nafs » dans la façon de vivre sa corporalité qui sont considérés comme étant une entrave à sa spiritualité, et c’est l’équilibre entre besoins du corps et exigences du cœur qui est recherché. Je conseille les lectures de l’éminent Imam Alghazali, un théologien du 11ème siècle, dont la notoriété fut telle qu’il fut surnommé la preuve de l’Islam.  Je pense notamment à sa représentation figurée du cavalier tenant les rênes de son cheval et aux pieds duquel se tient un chien immobile, la parfaite illustration de la maîtrise de l’âme (l’homme noble accomplie) sur la passion (le cheval)et la colère (le chien).

          Cette énergie divine est à la base de pratiques thérapeutiques et spirituelles ancestrales : elle est le fluide qui circule dans les méridiens d’acupuncture, l’éther qui anime les chakras, le vecteur de la puissance du souffle dans les arts martiaux, etc.

          Dans le monde grec antique, le mot « pneuma » (qui a donné pneumatique) signifie « souffle de l’esprit » et correspond à différentes formes de respiration. Il existe ainsi un lien entre l’exercice respiratoire (le souffle de la respiration) et l’exercice spirituel (le grand souffle cosmique).

 Selon le dictionnaire Larousse la définition du vitalisme est la suivante :

Doctrine philosophique qui pose l’existence d’un principe vital distinct à la fois de l’âme et de l’organisme, et qui fait dépendre de lui toutes les actions organiques. (Elle est le fait de l’école de médecine de Montpellier au XVIIIe s. avec notamment Barthez et Bichat. Cette doctrine s’oppose au mécanisme de Descartes. Jacques Monod a montré que la persistance de ce courant de pensée, bien que sans fondement scientifique, était le reflet d’une analyse aux termes de laquelle le déterminisme a, en biologie, une définition et une place spécifique et fondamentale.)

          Il est à noter que la médecine de Montpellier s’inspire grandement des principes de la médecine unani (de ionique qui veut dire grec en arabe) qui fut élaboré au VIIème siècle par les meilleurs savants arabes et persans. Fondée sur l’observation des déséquilibres entre la chaleur et l’humidité des organes, cette médecine puise tous ses remèdes dans les plantes médicinales. Les Arabes vont successivement introduire leur médecine en Espagne – plusieurs écoles de médecine furent créées à cette fin, notamment celle de Montpellier – puis en Asie. En particulier en Inde, où la médecine unani a eu une influence prépondérante sur l’ayurvéda. La Naturopathie, est aussi, en quelque sorte l’héritière de cet art.

          Et enfin pour terminer  revenons sur la définition du Larousse plus haut qui  fait la confusion entre âme et esprit (dans le sens de l’égo, l’intellect, la raison, le conscient et subconscient bref la partie matérielle de l’esprit). Dans cette définition ils auraient due dire « Nafs » car le « Ruh » (l’âme) est bel et bien cet élan de vie indéfinissable décrit dans le Coran :

          « Et ils t´interrogent au sujet de l´Esprit, – Dis: « l´Esprit relève de l´Ordre de mon Seigneur ». Et on ne vous a donné que peu de connaissance. » (Sourate 17 ; verset 85)

 

L’humorisme

          L’humorisme est « la science des humeurs ». Les humeurs sont les liquides organiques dans notre corps (sang, lymphe, sérum…), qui forment le « milieu intérieur » selon l’expression de Claude Bernard, médecin et physiologiste français (1812-1878).

          La théorie des humeurs est l’une des bases de la médecine antique. Selon cette théorie, le corps est constitué des quatre éléments fondamentaux, air, feu, eau et terre possédant quatre qualités : chaud ou froid, sec ou humide. Ces éléments, mutuellement antagoniques (l’eau et la terre éteignent le feu, le feu fait s’évaporer l’eau), doivent coexister en équilibre pour que la personne soit en bonne santé. Tout déséquilibre mineur entraîne des « sautes d’humeur », tout déséquilibre majeur menace la santé du sujet.

          La théorie des Humeurs repose sur l’observation clinique : Les Humeurs occupent une place prédominante dans l’organisme puisqu’elles ont en commun un composant essentiel que l’on retrouve partout : l’eau. Ce qu’Hippocrate avait compris est confirmé par nos connaissances actuelles. Ainsi, le sang est composé de 90% d’eau et la substance grise du cerveau en contient 80%. Nous possédons 200 hectares de tissus irrigués par 100 000 Km de capillaires; 5,5 litres de sang et 130 à 200 m2 de surface pulmonaire. Le foie traite 2400L de sang par jour tandis que le corps d’un adulte contient entre 60% et 70% d’eau. Pour Hippocrate, l’origine de la maladie est due au déséquilibre des quatre Humeurs du corps (bile jaune, bile noire, sang et lymphe) et à l’encrassement et aux dysfonctionnements qui en résultent. L’organisme malade cherche alors la voie de l’élimination par divers moyens (fièvre, sueurs, hémorragies, expectorations, diarrhées…). Ces éliminations participent à l’amélioration de la santé, à son rétablissement, en éliminant les matières superflues qui stagnent et encombrent la libre circulation humorale.

           C’est dans les humeurs que baignent tous les éléments figurés : organes, tissus et cellules.

           Autre définition :

          « Aucune de nos cellules n’est réellement séparée d’une autre. Le corps physique forme un tout indissociable. Constitué de plus de 60 % d’eau, il ressemble à une gigantesque baignoire remplie de sang, de lymphe et de liquide interstitiel. Cet ensemble est souvent nommé « terrain humoral ». Dans ce milieu transitent des éléments qui entrent et d’autres qui sortent, après avoir été transformés (ex : la nourriture absorbée est transformée en bol alimentaire, dont le corps va extraire les éléments nutritifs et rejeter les déchets inutiles). Une mauvaise alimentation, la sédentarité et la pollution nuisent à la qualité de notre « terrain humoral ». Ces liquides intérieurs si sensibles à notre mode de vie sont appelés « humeurs ». » Source : B.A.- BA Naturopathie, de Christine & Alain Corvaisier.

           Les humeurs se répartissent en :

  • sang : 5,5 litres)

  • lymphe canalisée (qui circule) : 4-5 litres

  • lymphe intersticielle : 5-6 litres

  • cytoplasme = liquide intracellulaire : 28 litres

          Selon Hippocrate (- 460 à – 377 av. JC), il y a 4 humeurs fondamentales.

          Hippocrate estimait que les gens avaient tendance à développer les pathologies de leur humeur dominante. C’est le début du « Bilan de santé » : connaissant les prédispositions liées à la constitution de la personne, on veillera à rééquilibrer prioritairement les fonctions et organes cibles.

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Les causes du déséquilibre des Humeurs

          L’équilibre parfait des Humeurs est difficilement tenable car il est constamment soumis à plusieurs influences :

  • L’âge : La température du corps décline avec l’âge.

  • Le climat, les saisons : de même qu’ils ont une influence sur la nature et la végétation, le climat et les saisons modifient l’état des Humeurs dans l’organisme.

  • L’alimentation chargée en substances chimiques : conservateurs, colorants, stabilisateurs, édulcorants, agents de blanchiment, émulsifiants…

  • La pollution atmosphérique due à l’activité industrielle, aux voitures, au tabac…

  • Les substances chimiques diverses : médicaments à fortes doses (calmants, somnifères, analgésiques, antibiotiques) cosmétiques, produits d’entretien…

           Les 3 perturbations humorales essentielles :

Les surcharges :

  • Toxiques exogènes (pesticides, métaux lourds, médicaments, pollutions chimiques…)

  • Toxines endogènes (cholestérol, diabète, urée, acide lactique …)

  • Radicaux libres (tout ce qui nous résulte du stress oxydant et produit des molécules de vieillissement)

Les carences :

  • En protéines, en lipides de qualité (les carences glucidiques sont rares de nos jours …)

  • En vitamines, oligo-éléments, minéraux, enzymes…

Trouble de la fluidité, de la circulation 

  • Les clés pour y remédier : l’exercice physique, la respiration, les massages…

          C’est l’approche scientifique de la naturopathie, c’est-à-dire la compréhension et le traitement de la maladie.

          On étudie les « humeurs » circulantes et cellulaires de l’organisme (le sang, la lymphe et les liquides intra et extra cellulaires). Une bonne santé passe par le maintien de l’intégrité de ces humeurs en veillant à ce qu’elles aient le moins de surcharges possibles (toxines et toxiques) et le moins de carences possibles en acides aminés, acides gras essentiels, vitamines, enzymes et oligoéléments.

          Notre état de santé est lié à la propreté et à la pureté de nos humeurs, conditionnée par notre manière de vivre (alimentation, exercice physique ou sédentarité…) et par des influences extérieures (stress, conditions de vie…). L’humorisme est donc une médecine de terrain. D’où les expressions : « être de bonne humeur », « se faire du mauvais sang » !

          C’est en général l’encrassement des humeurs qui est à l’origine de la maladie. Lorsqu’il y a surcharge, le sang accumule des toxines (exogènes et endogènes). Les organes deviennent surchargés de déchets métaboliques et ne peuvent plus effectuer leurs fonctions de façon adéquate.

 

La traversée humorale.

           Le transport des nutriments (éléments dégradés de la digestion) de la lumière intestinale vers le sang ou la lymphe pour être distribués aux cellules de tout l’organisme. Le glucose, les acides aminés, les acides gras à courte chaine et le glycérol passent dans les vaisseaux sanguins alors que les acides gras à longue chaine passent dans les vaisseaux lymphatiques. Les substances nutritives sont ingérées par les cellules.

           Chaque cellule possède son « appareil digestif », l’appareil lysosomial.

           Tous les déchets métaboliques et toxiniques de l’organisme proviennent des dégradations cellulaires grâce à l’intervention des lysosomes, organites que contiennent les cellules.L’appareil lysosomial constitue en effet l’appareil digestif de la cellule qui consiste à dégrader des matériaux d’origine extracellulaire (hétérophagie) ou des matériaux de la cellule elle-même (autophagie). Les lysosomes contiennent de puissantes enzymes (+ de 40) capables de dégrader la plupart des substances organiques.

          Les nombreuses enzymes très puissantes, qu’il contient, vont dégrader les substances organiques en molécules simples : les acides aminés, les acides gras, les monosaccharides. Ces molécules sont capables de quitter les lysosomes en traversant la membrane.

          Il arrive que les lysosomes incorporent des substances (en provenance de notre alimentation) qu’ils sont incapables de digérer. Ces déchets, ainsi que les résidus produits par le fonctionnement normal de la cellule, sont évacués par les émonctoires naturels tels que la peau, les reins, les intestins, le foie, les poumons.

          Lorsque la quantité de ces déchets dépasse la capacité d’évacuation naturelle du corps, ils s’accumulent en abondance dans la cellule provoquant ainsi l’encrassement des cellules, des tissus et de l’organisme qui s’épuise et s’affaiblit. Cet encrassement est à l’origine des troubles symptomatiques.

           Le transport est optimal lorsque les humeurs sont fluides. Il est de l’ordre d’une minute par voie sanguine, et de 20 à 26 heures par voie lymphatique.

          Il peut toutefois être perturbé par :

           –    des rétrécissements de la paroi artérielle épaissie par des plaques d’athéromes
–    des ralentissements ou stases sanguines qui apparaissent essentiellement en cas de sédentarité, de port de vêtements trop serrés, d’insuffisance de boisson, de paresse émonctorielle, de sous oxygénation, de stress.

 

L’hygiénisme

          Le terme vient de Hygieia, déesse grecque de la santé, fille d’Asclépios (Dieu de la médecine). Ainsi à l’origine, l’hygiène c’est la santé.

          On peut définir l’hygiénisme comme étant un ensemble de principes menant à une meilleure qualité de vie, sources de santé et de bien-être.

          Le courant hygiéniste européen, plus souple que son homologue américain, se développe à partir de 1930, avec des grandes figures de l’hygiène vitale naturopathiques telles que Sebastian Kneipp (utilisation de l’hydrothérapie froide combinée aux plantes), Paul Carton (a traduit et vulgarisé l’œuvre d’Hippocrate), Pierre-Valentin Marchesseau (le père de la naturopathie française moderne).

          L’hygiénisme européen met l’accent sur 3 pratiques de santé fondamentales, qui constituent les 3 techniques majeures de la naturopathie moderne et que tout bon naturopathe se doit d’optimiser en priorité :

  • L’hygiène alimentaire: quoi manger, cures, diètes…

  • L’hygiène neuro-psychique: être bien dans sa tête et dans son cœur…

  • L’hygiène corporelle: activité physique, exercices respiratoires, bouger, éliminer…

          Le contact avec les éléments naturels (la terre, l’eau, l’air, la lumière, les animaux, les arbres etc.) est également considéré comme indispensable au maintien d’une bonne santé et des échanges sains avec son environnement.

 

Le causalisme

          Le causalisme est la méthodologie de la naturopathie, la recherche de la cause première, de la cause profonde du problème (ce qu’il y a derrière le symptôme), des facteurs déclenchants de la maladie.

          Citons Hippocrate :

  • « Si tu veux être un bon médecin, cherche la cause première et traite-la.

  • Si tu veux être un meilleur médecin, cherche la cause de la cause et traite-la.

  • Si tu veux être un authentique thérapeute, cherche la cause de la cause de la cause et traite-la ».

 

          Cela impliquait pour lui 3 niveaux de recherche causale :

  • La cause première est humorale: implique de faire un régime, un drainage des humeurs

  • La cause de la cause est d’ordre psycho-somatique: liée aux relations humaines, d’où recherche de l’expression des non-dits, résolution des conflits, réconciliations (familiaux ou professionnels).

  • La cause de la cause de la cause est spirituelle: il s’agit de rechercher pourquoi le malade a perdu le sens de sa vie. C’est un véritable travail d’investigation sur les différents plans de l’être, faisant la lumière sur les multiples chaînes causales ayant conduit à la maladie.

 

L’holisme

          L’holisme est l’approche de l’être humain dans sa globalité. Le terme vient du grec « holos » qui signifie « tout », « entier ».

          Un thérapeute holistique considère son consultant non seulement sur le plan physique et de ses mécanismes physiologiques, mais prend également en compte sa vitalité (énergie vitale), ses émotions, ses échanges avec son entourage et son environnement, ses pensées qui peuvent être dévalorisantes, limitantes, sclérosantes…

          Autre définition :

          « Notre être n’est pas seulement composé d’un corps physique. Comme chacun peut le constater, nous sommes aussi constitués d’énergie, d’instinct, d’émotion, de pensées, de spiritualité. Notre corps physique est seulement l’aspect le plus facilement perceptible par nos sens. Les différents plans de notre être sont étroitement reliés les uns aux autres. Tout blocage ou toute entrave à la libre circulation de la vie entre eux a forcément des répercussions sur notre santé. » Source : B.A.- BA Naturopathie, de Christine & Alain Corvaisier.

          Selon René Guenon, le but de tout homme est de parvenir à la réalisation spirituelle (ou réalisation métaphysique), laquelle consiste à s’identifier avec sa propre essence, ou, en d’autres termes, à devenir réellement ce que l’on est (étant entendu que l’homme actuel se tient « en dehors » de son essence, ce que signifie très précisément le mot existence – du latin ex-sistere se tenir hors de).

          Dans cette globalité des niveaux de l’être, où se situe la cause première de la pathologie ? Se situe t-elle sur le plan humoral, ou bien est-elle d’ordre génétique ? Ou bien est-elle à rechercher sur les plans énergétique, psychologique, spirituel, environnemental, socio-culturel ?

          C’est tout le but de l’anamnèse (cet entretien approfondi que mène le naturopathe auprès de son consultant) que de découvrir la cause première de la problématique dans une approche nécessairement holistique.

Bibliographie :

-La naturopathie au quotidien Dominick LÉAUD-ZACHOVAL
-René Guénon, Orient et Occident, chap.I : Civilisation et progrès
-Divers articles sur internet :Passeport santé, santé à la une, Omnes, ANPQ ect…

Abdelaziz El Mansouri N.D.